Affûtage marathon et semi : plan jour par jour

Affûtage marathon et semi : plan jour par jour

Affûtage marathon : 2 à 3 semaines. À 60 km par semaine (niveau intermédiaire) : volume −37 % sur 3 semaines, −72 % la dernière, jour par jour.

Marathon : 21 jours conseillés  |  Semi : 14 jours  |  10 km : 10 jours  |  5 km : 7 jours
Débutant : premier affûtage, moins de 30 km par semaine  |  Intermédiaire : 1 à 3 ans de compétition, 30 à 60 km par semaine  |  Avancé : plus de 3 ans, plus de 60 km par semaine

Ce que calcule le plan d'affûtage

L'affûtage, ce sont les 2 à 3 dernières semaines avant la course : on réduit les kilomètres pour effacer la fatigue, sans perdre la forme.

Vous entrez la distance, votre volume hebdomadaire actuel, le nombre de jours avant la course, votre sortie longue habituelle et votre niveau. Comptez la sortie longue dans le volume hebdomadaire : le plan la place dans vos kilomètres, pas en plus. L'outil fixe ensuite la durée de l'affûtage (21 jours pour un marathon ou un ultra, 14 pour un semi, 10 pour un 10 km, 7 pour un 5 km) et fait baisser le volume jour après jour selon une courbe exponentielle : les kilomètres retirés sont plus nombreux au début, puis la baisse ralentit.

Exemple : marathon, 60 km par semaine, sortie longue de 30 km, niveau intermédiaire, course dans 21 jours. Le plan donne 53,4 km la première semaine, 43,7 km la deuxième et 16,6 km la semaine de course, soit −37 % sur l'ensemble de l'affûtage. Les séances au seuil et à allure course restent, plus courtes, et la sortie longue passe de 30 km à 25,3 km (J-15), puis à 20,7 km (J-8).

Si vous entrez plus de jours que la durée d'affûtage, les premiers jours restent au volume normal : avec 28 jours avant un marathon, la première semaine fait 60 km. Si le nombre de jours n'est pas un multiple de 7, la première ligne du tableau couvre moins de 7 jours : ne comparez pas son total à celui d'une semaine complète.

Le plan répartit le volume sur 6 à 7 jours. Si vous courez 3 ou 4 fois par semaine, gardez la sortie longue et les deux séances de qualité, celle au seuil (une allure soutenue, que vous tiendriez environ une heure) et celle à allure course, et regroupez les footings courts sur vos autres jours de course. Si vous hésitez entre deux niveaux, prenez le plus prudent : il baisse davantage le volume.

Ce que dit la recherche sur l'affûtage

La référence la plus citée est la méta-analyse de Bosquet et ses collègues (2007) : 27 études sur des athlètes de compétition, retenues parmi 182. Sa conclusion : un affûtage de 2 semaines, pendant lequel le volume baisse de façon exponentielle de 41 à 60 %, semble la stratégie la plus efficace, sans modifier ni l'intensité ni la fréquence des entraînements.

La revue de Mujika et Padilla (2003) va dans le même sens : garder l'intensité, réduire fortement le volume (jusqu'à 60 à 90 %), baisser un peu la fréquence (pas plus de 20 %) et préférer une baisse progressive à une baisse d'un seul coup. Elle situe la durée optimale entre 4 jours et plus de 4 semaines, avec un gain de performance d'environ 3 % en général (0,5 à 6 % selon les cas). Pour fixer les idées, 3 % d'un marathon en 3 h 30, c'est environ 6 minutes.

Le calculateur suit ces principes sans les copier à la lettre : courbe progressive, séances d'intensité conservées et, dans l'exemple à 60 km par semaine, une baisse de 50 % sur les 14 derniers jours. Il s'en écarte sur la fréquence : la dernière semaine compte deux jours de repos (sauf en avancé), soit 5 jours courus sur 7, et le plan débutant sur marathon ou ultra ajoute un jour de repos à J-10.

La semaine de course, jour par jour

Les 7 derniers jours suivent toujours le même schéma. J-7 : footing modéré. J-6 : dernière séance de qualité, courte (dans l'exemple à 60 km par semaine, 3,9 km dont 1,6 km à allure marathon). J-5 : footing court. J-4 : repos. J-3 : footing très court, 3 km au plus, avec quelques lignes droites de 20 secondes. J-2 : repos. J-1 : footing de déblocage de 10 à 15 minutes. Au niveau avancé, J-4 et J-2 deviennent des footings très courts.

Côté assiette, sur marathon et ultra, la recharge glucidique vise 10 à 12 g/kg de glucides par jour sur les 36 à 48 dernières heures, avec des aliments que vous connaissez déjà. Le calculateur de recharge glucidique traduit ces repères en grammes par repas selon votre poids ; sur semi, il indique aussi si une recharge vaut la peine selon votre temps prévu. Pour le matin de la course, le planificateur du matin de course (en anglais) calcule l'heure du lever à partir de l'heure de départ.

Les erreurs qui gâchent un affûtage

Couper toute intensité. Le volume baisse, pas l'allure : gardez la séance à allure course de J-6, simplement plus courte.

Rallonger la sortie longue « pour se rassurer ». À J-8, le plan prévoit 20,7 km pour une sortie longue habituelle de 30 km. Courir les 30 km ce jour-là, c'est ajouter plus de 9 km de fatigue à 8 jours de la course.

Compter la sortie longue en plus du volume. Avec 60 km par semaine et une sortie longue de 30 km, le calculateur compte 30 km de sortie longue et 30 km répartis sur les 6 autres jours. Entrez votre total réel, sortie longue comprise.

Vouloir maigrir pendant l'affûtage. L'affûtage sert à arriver reposé au départ, pas à perdre du poids. Si la balance monte pendant la recharge glucidique, c'est attendu : le calculateur de recharge glucidique explique pourquoi.

Essayer du nouveau. Chaussures, gel, petit-déjeuner : la semaine de course ne doit contenir que des choses déjà testées à l'entraînement.

Questions fréquentes

Combien de temps dure l'affûtage avant un marathon ?

2 à 3 semaines. Le calculateur retient 21 jours pour un marathon ou un ultra, 14 jours pour un semi, 10 jours pour un 10 km et 7 jours pour un 5 km. La méta-analyse de Bosquet et ses collègues (2007), qui regroupe 27 études menées sur des athlètes de compétition, obtient le meilleur effet avec un affûtage de 2 semaines ; la revue de Mujika et Padilla (2003) situe la durée optimale entre 4 jours et plus de 4 semaines selon les cas. Si votre course arrive plus tôt que la durée conseillée, le plan démarre simplement au jour où vous en êtes.

Dernière sortie longue avant le marathon : quand et quelle distance ?

Votre sortie la plus longue se place avant l'affûtage ; pendant l'affûtage, elle revient chaque semaine en raccourcissant, la dernière à J-8. Pour 60 km par semaine et une sortie longue habituelle de 30 km au niveau intermédiaire, le plan prévoit 25,3 km à J-15, puis 20,7 km à J-8. Si vous entrez 28 jours avant la course, il garde encore 30 km à J-22. Si vous avez déjà couru votre plus longue sortie de la préparation, ne la refaites pas pendant l'affûtage : suivez les distances du plan.

Faut-il garder de l'intensité pendant l'affûtage ?

Oui : on réduit le volume, pas l'allure. Selon la méta-analyse de Bosquet et ses collègues (2007), les meilleurs résultats viennent d'une baisse de volume sans modifier l'intensité des entraînements. Le calculateur garde donc une séance au seuil et une séance à allure course, plus courtes, dans chaque semaine sauf la dernière, qui ne garde que la séance à allure : dans l'exemple à 60 km par semaine, 2,9 km au seuil à J-20, 2,3 km à J-13, puis une dernière séance à J-6 avec 1,6 km à allure marathon. En cas de grosse fatigue, remplacez la séance par un footing.

Pourquoi le calculateur affiche −37 % et pas −40 à −60 % ?

Parce que −37 % est la baisse moyenne sur les 3 semaines d'affûtage, et que la première semaine reste proche de la normale. Pour cet exemple (marathon, 60 km par semaine, sortie longue de 30 km, niveau intermédiaire), le plan donne 53,4 km la première semaine (−11 %), 43,7 km la deuxième (−27 %) et 16,6 km la semaine de course (−72 %). Sur les 14 derniers jours seulement, la baisse atteint 50 %, dans la fourchette de 41 à 60 % sur 2 semaines de la méta-analyse de Bosquet (2007).

Faut-il arrêter de courir la dernière semaine avant le marathon ?

Non : le plan garde 5 jours de course sur 7, tous courts. Dans l'exemple à 60 km par semaine, la semaine de course totalise 16,6 km : footing à J-7, dernière séance à allure à J-6, footing court à J-5, repos à J-4, footing très court avec lignes droites à J-3, repos à J-2 et footing de déblocage à J-1. Au niveau avancé, les deux jours de repos deviennent des footings très courts : 7 jours courus et 22,4 km. Le but, selon Mujika et Padilla (2003) : faire disparaître la fatigue accumulée sans perdre les adaptations de l'entraînement.

Affûtage pour un 5 km, un 10 km ou un semi : combien de jours ?

Le calculateur retient 7 jours pour un 5 km, 10 jours pour un 10 km et 14 jours pour un semi-marathon. Les 9 à 10 jours cités pour un semi sur les forums de course à pied restent dans la fourchette de 4 à plus de 28 jours décrite par Mujika et Padilla (2003). Exemple sur 10 km à 40 km par semaine, niveau intermédiaire : 13,2 km la dernière semaine, avec la même séance à allure à J-6.

Débutant, intermédiaire ou avancé : qu'est-ce qui change ?

Plus le niveau est bas, plus la baisse de volume est forte. Pour le même marathon à 60 km par semaine et 30 km de sortie longue, le plan affiche −40 % sur l'affûtage en débutant, −37 % en intermédiaire et −32 % en avancé. Débutants et intermédiaires ont deux jours de repos complet la dernière semaine (J-4 et J-2) ; le niveau avancé les remplace par des footings très courts. Repères du formulaire : débutant = premier affûtage, moins de 30 km par semaine ; intermédiaire = 1 à 3 ans de compétition, 30 à 60 km ; avancé = plus de 3 ans, plus de 60 km.

Références 3 sources
  1. Mujika, I. & Padilla, S. (2003). Scientific Bases for Precompetition Tapering Strategies. Medicine & Science in Sports & Exercise.
  2. Bosquet, L., Montpetit, J., Arvisais, D., & Mujika, I. (2007). Effects of Tapering on Performance: A Meta-Analysis. Medicine & Science in Sports & Exercise.
  3. Halson, S.L. (2014). Sleep in Elite Athletes and Nutritional Interventions to Enhance Sleep. Sports Medicine.