Recharge glucidique : combien de grammes, jour par jour

Recharge glucidique : combien de grammes, jour par jour

Combien de glucides avant un marathon ? 10 à 12 g/kg la veille : entrez votre poids, vous obtenez vos grammes par jour et l’assiette de chaque repas.

Nombre de jours d’ici au matin de la course (1 à 14)

Ce que le calculateur décide à votre place

Une seule valeur est obligatoire : votre poids. Le reste est présélectionné — marathon, 5 jours avant, 5 prises par jour, omnivore — et se change en un clic.

Le protocole vient de la distance et de la règle des 90 minutes, jamais d’un niveau que vous déclarez : 10 à 12 g/kg sur marathon et ultra, 7 à 8 g/kg sur un semi qui dépasse 90 minutes, 6 à 7 g/kg sur 5 et 10 km. La cible du jour de pic se retrouve de tête : votre poids × 11 pour un marathon, × 8 pour un semi long, × 7 pour un 10 km, × 2 pour le matin de la course. Soit 770 g la veille à 70 kg, 660 g à 60 kg, 880 g à 80 kg.

Le champ temps final prévu ne sert que sur semi et plus court : un semi annoncé sous 90 minutes bascule en remise à niveau, 490 g pour 70 kg au lieu de 560. Sur marathon, saisir 3h30 ne change aucun chiffre. Si vous hésitez sur le chrono, passez par la prédiction de temps de course.

Chaque journée est ensuite découpée selon le nombre de prises (3 à 6), et chaque repas reçoit une assiette tirée de la table, filtrée selon votre régime.

Ce que dit la recherche sur la surcompensation

1966 → 1967, l’origine. Bergström et Hultman montrent que le glycogène musculaire peut à peu près doubler quand une alimentation très glucidique suit un exercice qui a vidé les réserves. Le protocole qui en découle — sortie d’épuisement 7 jours avant, puis recharge — est fixé en 1967 par Bergström, Hermansen, Hultman et Saltin : c’est le régime dissocié scandinave, pénible, risqué et dépassé.

1981 → 2002, la privation disparaît. Sherman et ses collègues (1981) obtiennent le même pic sans les 3 jours de privation en glucides, à l’entraînement simplement allégé ; Bussau et ses collègues (2002) descendent à une seule journée à 10 g/kg avec repos complet, soit environ 95 → 180 mmol/kg de muscle frais en 24 heures.

2011 → 2016, le consensus actuel. La position commune ACSM / AND / DC (Thomas, Erdman et Burke, 2016), qui prolonge Burke et ses collègues (2011), fixe la cible : 10 à 12 g/kg par jour pendant 36 à 48 heures avant une course de plus de 90 minutes. La réponse du glycogène varie beaucoup d’un coureur à l’autre (Burke et coll. 2011) : l’outil affiche la moyenne du protocole, comptez 2 ou 3 courses pour trouver votre réglage. Et la recharge ne remplace ni le ravitaillement en course (60 à 90 g de glucides par heure) ni l’entraînement digestif (Costa et coll. 2017).

Faire entrer 770 g dans une journée

Le total n’est pas le plus dur : le plus dur est de le faire tenir dans une journée. En 5 prises, l’outil met 28 % des glucides au déjeuner, 28 % au dîner, 22 % au petit-déjeuner et 10 à 12 % dans chaque collation. La veille d’un marathon pour 70 kg, avec des combinaisons de la table :

PriseGlucidesÀ quoi ça ressemble
Petit-déjeuner169 g3 bagels + 1 banane (175 g)
Collation du matin77 g60 g de bretzels + 250 ml de jus d’orange (74 g)
Déjeuner216 g3 grands bols de pâtes à la sauce tomate + 2 tranches de pain (223 g)
Collation de l’après-midi92 g2 dattes Medjool + 500 ml de boisson de l’effort + 1 banane (97 g)
Dîner216 g3 bols de riz au poulet + 2 petits pains (210 g)

Trois bols de pâtes à midi, ça surprend — c’est pourtant l’ordre de grandeur réel. D’où l’intérêt des glucides liquides : un jus ou une boisson de l’effort passe sans remplir l’estomac. Ne coupez pas le sel non plus, le sodium aide à stocker le glycogène ; par temps chaud, préparez le jour J avec le calculateur d’électrolytes (en anglais).

Enfin, les portions de la table sont pesées cuites : les 140 g de pâtes sont pesés dans l’assiette, pas dans le paquet.

Les erreurs qui reviennent le plus

Compter sur la pasta party. Avec les seules pâtes, il faudrait 18 portions de 140 g cuites pour couvrir les 770 g d’un coureur de 70 kg : la recharge se joue sur 2 à 4 jours et 5 prises, pas sur un repas.

Ne pas alléger l’entraînement. Sans une baisse de 50 à 75 % du volume pendant les jours de recharge, les muscles brûlent le glycogène aussi vite qu’il se stocke.

Partir d’une base trop basse. Ces cibles sont un cran au-dessus de votre ordinaire, et cet ordinaire dépend déjà de votre charge d’entraînement : environ 5 à 7 g/kg en semaine légère, 8 à 12 g/kg en gros bloc. Si vos journées tournent à 3 ou 4 g/kg, la fenêtre de recharge sert à remplir, pas à surcharger — commencez par l’alimentation quotidienne du coureur (en anglais).

La semaine avant le marathon, jour par jour

Voici ce que le plan affiche pour 70 kg, avec 5 jours saisis et 5 prises par jour. Les libellés sont ceux du tableau.

JourPhaseGlucides
5 jours avantNormal420 g
4 jours avantRecharge508 g
3 jours avantRecharge595 g
2 jours avantRecharge683 g
Veille de coursePic770 g
Matin de la courseJour J140 g

Le pic est à la veille, mais pas au dîner de la veille : déjeuner et dîner reçoivent le même total (216 g ici). La consigne est d’en faire le dernier gros repas au déjeuner, puis de dîner tôt sur des aliments légers et connus — la quantité prévue au dîner ne bouge pas. Ce jour-là, les glucides pèsent 80 % des calories.

Le matin, 2 g/kg deux à quatre heures avant le départ : 140 g pour 70 kg (98 g au repas, 42 g en collation une heure avant), 120 g pour 60 kg. Un gel 15 minutes avant le départ ? Seulement s’il a déjà servi à l’entraînement ; le guide d’achat des gels énergétiques (en anglais) les compare en glucides par sachet.

Sur un semi de plus de 90 minutes, la fenêtre tombe à 3 jours et le pic à 8 g/kg, soit 560 g pour 70 kg.

Questions fréquentes

Combien de glucides la veille d’un marathon ?

10 à 12 g/kg, soit 700 à 840 g pour un coureur de 70 kg et 600 à 720 g pour 60 kg. Le calculateur retient 11 g/kg sur marathon, donc 770 g à 70 kg. Ce total se joue sur 5 à 6 prises : le plan donne autant au déjeuner qu’au dîner (216 g chacun), et la consigne du jour de pic est d’en faire le dernier gros repas au déjeuner, puis de dîner tôt et léger — sans réduire la quantité prévue. Le matin de la course ajoute 2 g/kg, 2 à 4 heures avant le départ.

La pasta party de la veille suffit-elle ?

Non, pas à elle seule. Une portion de 140 g de pâtes cuites apporte 43 g de glucides : pour couvrir les 770 g d’un coureur de 70 kg, il en faudrait 18 dans la journée. La pasta party est un repas de la recharge, pas la recharge. Deux conséquences : commencez 2 à 4 jours avant, et variez les sources — riz, pain, bagels, compote, jus.

Je pèse le riz et les pâtes crus ou cuits ?

Cuits. Toutes les portions de la table sont pesées dans l’assiette, pas dans le paquet : 200 g de riz blanc cuit = 56 g de glucides, 140 g de pâtes cuites = 43 g. Entre cru et cuit, l’écart est grossièrement d’un facteur trois — de quoi croire qu’on a chargé sa journée alors qu’on en est au tiers. Pesez la portion au moment de servir et fiez-vous aux grammes de la table, pas au poids inscrit sur l’emballage.

Quand commencer : une semaine, trois jours, la veille au soir ?

2 à 4 jours suffisent. Avant un marathon, la montée occupe les 4 derniers jours : pour 70 kg, on passe de 420 g en journée normale à 508, puis 595, 683 et enfin 770 g le jour de pic. Une semaine complète n’apporte rien de plus — Bussau et ses collègues (2002) ont montré qu’une journée à 10 g/kg avec repos complet atteint déjà la surcompensation en 24 heures. Charger seulement la veille au soir ne laisse pas le temps de stocker : vous partirez surtout ballonné.

Le régime dissocié scandinave est-il encore utile ?

Non, sa phase de privation n’a plus lieu d’être. Sherman et ses collègues (1981) ont obtenu le même pic de glycogène sans les 3 jours de privation en glucides, avec un entraînement allégé et une simple montée progressive des glucides ; Bussau et ses collègues (2002) sont descendus à une journée à 10 g/kg avec repos complet. Ce calculateur ne propose donc aucune phase de déplétion : vous gardez le bénéfice, des réserves au-dessus du niveau habituel, sans la partie pénible du protocole de 1967.

Faut-il recharger pour un semi-marathon ?

Seulement au-delà de 90 minutes de course. En dessous — un semi sous 1h30 environ — vos réserves suffisent déjà : un repas d’avant-course riche en glucides fait l’affaire. Au-delà, 2 à 3 jours à 7-8 g/kg font monter le glycogène musculaire de 25 à 40 % au-dessus du niveau habituel, soit 560 g par jour pour 70 kg. Renseignez votre temps final prévu : sous 90 minutes, le plan bascule tout seul en remise à niveau (490 g pour 70 kg).

Que manger le matin du marathon ?

2 g/kg de glucides, 2 à 4 heures avant le départ : 140 g pour un coureur de 70 kg, 120 g pour 60 kg. Le plan les coupe en deux — 98 g au repas d’avant-course et 42 g en collation une heure avant (84 g et 36 g à 60 kg). Uniquement des aliments déjà testés à l’entraînement, pauvres en fibres et en gras : pain blanc grillé et confiture, banane, miel, jus d’orange, boisson de l’effort. Buvez par petites gorgées plutôt qu’un grand verre d’un coup.

Vais-je prendre du poids et me sentir lourd au départ ?

Oui, 1 à 2 kg, et c’est voulu. Chaque gramme de glycogène stocké retient environ 3 g d’eau : la balance monte, mais ce poids est du carburant accompagné de sa réserve d’eau, pas du lest. Il repart dans les 10 à 15 premiers kilomètres. Pour limiter la lourdeur au départ : gros repas au déjeuner de la veille, dîner tôt et léger, fibres à 10-15 g sur la journée, pas de gras.

Références 7 sources
  1. Bergström J, Hultman E (1966). Muscle glycogen synthesis after exercise: an enhancing factor localized to the muscle cells in man. Nature, 210(5033), 309-310.
  2. Bergström J, Hermansen L, Hultman E, Saltin B (1967). Diet, muscle glycogen and physical performance. Acta Physiologica Scandinavica, 71(2), 140-150.
  3. Sherman WM, Costill DL, Fink WJ, Miller JM (1981). Effect of exercise-diet manipulation on muscle glycogen and its subsequent utilization during performance. International Journal of Sports Medicine, 2(2), 114-118.
  4. Bussau VA, Fairchild TJ, Rao A, Steele P, Fournier PA (2002). Carbohydrate loading in human muscle: an improved 1 day protocol. European Journal of Applied Physiology, 87(3), 290-295.
  5. Burke LM, Hawley JA, Wong SHS, Jeukendrup AE (2011). Carbohydrates for training and competition. Journal of Sports Sciences, 29(sup1), S17-S27.
  6. Thomas DT, Erdman KA, Burke LM (2016). Position of the Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada, and the American College of Sports Medicine: Nutrition and Athletic Performance. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, 116(3), 501-528.
  7. Costa RJS, Snipe RMJ, Kitic CM, Gibson PR (2017). Systematic review: exercise-induced gastrointestinal syndrome — implications for health and intestinal disease. Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 46(3), 246-265.