À quelle fréquence cardiaque courir selon votre âge
Le point de départ le plus demandé : la zone 2, celle des footings, pour une FC de repos de 60 bpm — la valeur retenue quand vous laissez le champ vide. La FC max est estimée avec Tanaka (208 − 0,7 × âge), la formule appliquée par défaut.
| Âge | FC max estimée (bpm) | Zone 2 en Karvonen (bpm) | Zone 2 en % de FC max (bpm) |
|---|---|---|---|
| 25 ans | 191 | 139-152 | 115-134 |
| 30 ans | 187 | 136-149 | 112-131 |
| 35 ans | 184 | 134-147 | 110-129 |
| 40 ans | 180 | 132-144 | 108-126 |
| 45 ans | 177 | 130-142 | 106-124 |
| 50 ans | 173 | 128-139 | 104-121 |
| 55 ans | 170 | 126-137 | 102-119 |
| 60 ans | 166 | 124-134 | 100-116 |
Ces lignes ne remplacent pas un calcul : la colonne Karvonen dépend entièrement de votre FC de repos. À 40 ans, passer d'une FC de repos de 60 à 50 bpm déplace la zone 2 de 132-144 à 128-141 bpm, alors que la colonne en pourcentage de FC max ne bouge pas d'un battement. Saisissez vos valeurs au-dessus pour obtenir les cinq zones, et pas seulement la deuxième.
Les quatre formules, et ce qu'elles changent
Le calculateur propose trois formules d'âge pour estimer votre FC max — ou la vôtre, si vous l'avez mesurée — et deux façons d'en tirer des zones. C'est la combinaison des deux qui explique pourquoi deux calculateurs en ligne donnent des bpm différents sans qu'aucun ne soit faux.
Estimer la FC max
- 220 − âge : la formule historique, avec un écart-type de 10 à 12 bpm.
- 208 − 0,7 × âge (Tanaka) : méta-analyse de 2001 sur 351 études et 18 712 participants. C'est l'estimation par défaut, y compris en méthode Karvonen.
- 206 − 0,88 × âge (Gulati) : établie chez des femmes. La plus basse des trois à chaque âge accepté par le calculateur : 6 bpm sous Tanaka à 20 ans, 15 bpm à 70 ans, et l'écart continue de grandir ensuite.
Les deux échelles, chiffrées
Karvonen répartit les zones sur la réserve cardiaque, l'écart entre votre FC de repos et votre FC max ; les trois autres méthodes multiplient simplement la FC max par le pourcentage de la zone. Même coureur — 35 ans, FC de repos 62 bpm, FC max estimée à 184 bpm — la zone 2 vaut 135-147 bpm en Karvonen et 110-129 bpm en pourcentage de FC max. L'écart vaut 25 bpm en bas de zone 2, et même 31 bpm en bas de zone 1 ; il se referme en montant, jusqu'à s'annuler sur la FC max elle-même.
Karvonen pas à pas (exemple chiffré)
bpm = réserve × pourcentage + FC de repos. Avec le profil du bouton « Exemple » (35 ans, FC de repos 62 bpm) :
- FC max estimée = 208 − 0,7 × 35 = 183,5, arrondi à 184 bpm
- Réserve cardiaque = 184 − 62 = 122 bpm
- Zone 2 (60-70 %) = 122 × 0,60 + 62 = 135 bpm à 122 × 0,70 + 62 = 147 bpm
Une cinquième approche circule beaucoup en France : ancrer les zones sur le seuil plutôt que sur la FC max. Ce calculateur ne la propose pas ; pour travailler à partir de votre seuil, passez par le calculateur de seuil lactique.
Ce que change vraiment l'entraînement par zones
L'idée tient en une phrase : la plupart de vos kilomètres doivent être vraiment faciles, et vos séances dures vraiment dures. Entre les deux se trouve une allure confortable mais pas facile, où beaucoup de coureurs passent l'essentiel de leur semaine, et qui fatigue sans faire progresser.
C'est le modèle polarisé. Chez les athlètes d'endurance de haut niveau étudiés par Stephen Seiler dans l'International Journal of Sports Physiology and Performance, environ 80 % du temps d'entraînement se passe à basse intensité et 20 % à haute intensité, avec très peu au milieu. Traduit en zones : 75 à 80 % du temps en zones 1 et 2, 5 à 10 % en zone 3, 15 à 20 % en zones 4 et 5.
La zone 3 est celle qu'on appelle la zone grise : elle coûte cher en récupération sans apporter le stimulus des zones hautes. C'est aussi celle vers laquelle les footings dérivent tout seuls quand on court sans cardiofréquencemètre, parce que courir un peu plus vite est agréable et donne l'impression d'être plus productif.
Quelle zone pour quelle séance
- Footing et récupération, zones 1 et 2. Vous devez pouvoir tenir une conversation complète ; si vous parlez par bouts de phrases, vous êtes en zone 3 : ralentissez.
- Sortie longue, zone 2 avec une fin en zone 3. Partez dans la moitié basse de la zone 2 et laissez la dérive cardiaque vous amener vers la zone 3 sur le dernier tiers : c'est la seule séance où on l'accepte, parce que l'objectif est justement de finir sur des jambes fatiguées.
- Séance au seuil, frontière des zones 3 et 4. Un tempo de 20 minutes se cale en haut de zone 3 ou en bas de zone 4, autour de l'allure que vous tiendriez une heure en compétition.
- Fractionné, zones 4 et 5. Des répétitions de 800 m à 1 600 m montent en zone 4, les dernières touchent la zone 5 ; le trot de récupération doit vous ramener en zone 2 avant la suivante.
- Le jour de la course, la logique s'inverse. Il n'y a plus de récupération à préserver, donc la zone grise n'est plus un problème : un 5 km se court surtout en zones 4 et 5, un semi à la frontière des zones 3 et 4, un marathon principalement en zone 3, avec les premiers kilomètres tenus en zone 2.
Les erreurs qui reviennent
Confondre une variation et un changement. La fréquence cardiaque varie d'un battement à l'autre : 2 à 3 bpm au-dessus ou en dessous d'une borne ne veulent rien dire. Ce qui compte, c'est la part de la séance passée dans la bonne zone.
Réagir à la dérive cardiaque en accélérant. Au-delà de 45 à 60 minutes, la fréquence cardiaque monte toute seule à allure constante : le phénomène est normal, il n'y a rien à corriger. L'erreur est d'accélérer pour rattraper la séance, ou de garder l'allure en décrétant que la zone a changé — ralentissez plutôt, sauf en fin de sortie longue.
Attendre trop d'une mise à jour de la FC de repos. En méthode Karvonen, une FC de repos qui baisse de 5 bpm n'abaisse les bornes des zones 1 et 2 que de 1 à 3 bpm. Ce qui déplace vraiment vos zones, c'est de remplacer une FC max estimée par une FC max mesurée.