Six formules, une moyenne, et ce qui la fait bouger
Entrez votre âge : l'outil applique les six formules d'estimation de la FC max (fréquence cardiaque maximale, le nombre de battements par minute (bpm) le plus élevé que votre cœur atteint à l'effort maximal) et affiche une valeur recommandée, qui est la moyenne des formules retenues pour votre profil.
Tanaka, Gellish et HUNT comptent toujours. 220 − âge ne compte que jusqu'à 39 ans, car Tanaka conclut qu'elle sous-estime la FC max des plus âgés. Gulati n'entre que si vous cochez « femme » : entre 20 et 65 ans, la moyenne baisse alors de 1 à 4 bpm. La variante non linéaire (âge au carré) n'entre que pour « très actif » ou « compétiteur », et ne la déplace que de 2 bpm au plus entre 20 et 78 ans. Cocher « homme » ne change rien. Les lignes en grisé sont affichées pour comparaison, hors moyenne.
Exemple à 40 ans, sexe non précisé : Tanaka 180, Gellish 179, HUNT 185, soit 181 bpm recommandés. Les zones proposées ensuite sont des pourcentages de ce chiffre (zone 2 de 109 à 127 bpm), sans FC de repos.
D'où viennent les six formules
Les formules divergent de plus en plus avec l'âge, parce que leurs pentes diffèrent (de 0,64 à 1 bpm de moins par année d'âge) : à 30 ans elles s'étalent sur 12 bpm, à 60 ans sur 20 bpm. Chacune vient d'une population et d'une méthode différentes.
- 220 − âge (Fox, 1971) : la plus ancienne et la plus connue. Tanaka conclut qu'elle sous-estime la FC max des plus âgés, et HUNT le dit des équations antérieures après 30 ans : à 60 ans, elle donne 160 bpm contre 166 pour Tanaka et 173 pour HUNT.
- Tanaka (2001) : 208 − 0,7 × âge, tirée d'une méta-analyse de 351 études et 18 712 sujets, puis vérifiée en laboratoire sur 514 personnes en bonne santé. Pas de différence entre hommes et femmes, pas d'effet du niveau d'activité.
- Gellish (2007) : 207 − 0,7 × âge, la seule du lot à suivre la FC max des mêmes personnes dans le temps : 132 personnes ont passé 908 tests d'effort sur 25 ans.
- Gulati (2010) : 206 − 0,88 × âge, établie chez 5 437 femmes sans symptômes, âgées de 52 ans en moyenne, dans une étude sur le pronostic cardiaque plutôt que sur l'entraînement. De 20 à 65 ans, elle donne la valeur la plus basse des six.
- HUNT (Nes et al., publiée en 2013, en ligne dès 2012) : 211 − 0,64 × âge, sur 3 320 adultes norvégiens en bonne santé mesurés en 2007-2008. Son erreur type, c'est-à-dire l'écart habituel entre la formule et la FC max mesurée, est de 10,8 bpm. La relation avec l'âge y est la même quel que soit le sexe ou le niveau d'activité, avec des écarts minimes entre groupes, et les équations antérieures sous-estimaient la FC max après 30 ans.
- Variante non linéaire : 192 − 0,007 × âge², souvent appelée « Oakland ». Elle ne figure pas dans le résumé de l'étude de Gellish, qui ne donne que 207 − 0,7 × âge : l'outil l'affiche pour comparaison, sans lui prêter de public cible.
Que faire du chiffre obtenu
Prenez la valeur recommandée comme point de départ, puis remplacez-la dès qu'un effort vraiment maximal vous donne un pic plus haut. Avec une erreur type de 10,8 bpm, une valeur mesurée 10 bpm au-dessus ou au-dessous de la formule reste dans l'écart habituel.
Le chiffre compte parce que toutes vos zones en découlent. Si votre montre utilise 220 − âge et que vous avez 55 ans, elle part de 165 bpm au lieu de 172 en moyenne des formules : sa zone 2 va de 99 à 115 bpm, contre 103 à 120 bpm. Un footing réellement facile risque alors de s'afficher en zone 3 et de vous pousser à ralentir inutilement.
Dans l'ordre : notez la valeur recommandée, vérifiez la FC max que votre montre utilise, puis testez-vous sur une fin de course à fond avec une ceinture cardio. Si le pic mesuré dépasse la formule, c'est lui qui fait foi. Si votre montre affiche moins que la formule (175 contre 179, par exemple), c'est souvent que vous n'avez jamais couru vraiment à bloc avec elle : l'écart reste dans l'erreur habituelle, gardez la formule tant qu'un test à fond ne vous a pas donné mieux.
Quand ne pas se fier à ces formules
Une formule d'âge décrit une moyenne de population, pas votre cœur. Avec 10,8 bpm d'erreur type, une personne de 40 ans à qui l'outil donne 181 bpm peut aussi bien mesurer 170 que 192.
- Traitements : les bêtabloquants abaissent nettement la FC max. Chez des patients cardiaques traités, une étude (Brawner 2004) l'estime à 164 − 0,7 × âge, soit 44 bpm sous Tanaka à tout âge : ces formules ne s'appliquent plus, et c'est à votre médecin de fixer les repères.
- Populations d'origine : Gulati a été établie chez des femmes de 52 ans en moyenne passant un test d'effort médical, Tanaka et HUNT chez des adultes en bonne santé. Plus votre profil s'en éloigne, moins la moyenne vous décrit.
- Pic de montre : un pic enregistré au poignet peut être une erreur du capteur, qui se cale parfois sur la cadence de course. Avant de le reporter partout, vérifiez qu'il correspond à un vrai effort maximal.
Si vous avez des antécédents cardiaques, des symptômes à l'effort ou un objectif qui dépend d'une FC max précise, un test d'effort encadré par un cardiologue ou un médecin du sport reste la référence.